"ABSENTEISME" EN COMMISSIONS DE L'ASSEMBLEE NATIONALE: LE POINT DE VUE DU DEPUTE (Juillet 2010)
Biguglia, le 23 Juillet 2010
La publication sur le site internet www.nosdeputes.fr d’une prétendue « étude » sur le thème de l’ « absentéisme des députés » se targue, sous prétexte de transparence, d’épingler 93 députés sur les 577 qui composent l’Hémicycle pour des « absences injustifiées en commission ».
Etant donné que je figure, en compagnie des mes collègues corses Paul Giacobbi et Camille de Rocca-Serra, sur cette liste de parlementaires potentiellement « sanctionnables » d’une retenue sur indemnités (la notion de « salaire » étant incorrecte concernant des élus de la Nation) il me semble nécessaire d’informer mes concitoyens du contenu de cette « étude » et des données véritables de mon travail parlementaire en commission au cours des 6 derniers premiers mois de l’année 2010.
Présences en commission le Mercredi matin: sur la période donnée, il y a eu 20 réunions de la commission à laquelle j’appartiens (celle des affaires culturelles et de l’éducation). Malgré l’éloignement de ma circonscription avec la capitale, j’ai été présent à 14 de ces réunions, soit une moyenne de 70%.
Ventilation de ces présences:
Janvier 2010 : 1 sur 2 réunions
Février 2010 : 2 sur 3 réunions
Mars 2010 : 1 sur 1 réunion.
Avril 2010 : 2 sur 2 réunions.
Mai 2010: 1 sur 4 réunions (sanction virtuelle de 353 €, pour avoir atteint le quantum de 2 absences dans le même mois).
Juin 2010 : 5 sur 5 réunions
En un coup d’œil chacun peut tout d’abord constater que je respecte mon engagement d’être présent au minimum2 semaines sur 3 à l’Assemblée Nationale, ce qui est notable pour un député faisant partie du département métropolitain le plus éloigné de Paris (voir tableau ci-dessus, qui se passe de commentaires).
Ensuite, il saute aux yeux que le mois qui me vaudrait une « sanction » de 353 € pour avoir été au minimum 2 fois absent est le mois de Mai 2010. Or, ce que cette étude ne précise pas, c’est que dans le même temps j’effectuais, comme chaque année depuis mon élection à la députation en 2007, une tournée complète de ma circonscription, en visitant plus de 40 communes une après l’autre. J’ajoute à toutes fins utiles que parmi les 3 réunions auxquelles je n’ai donc pu me rendre ce mois-là, l’une concernait une « table ronde sur le dopage » et l’autre une « audition de Jacques Attali », et donc ne concernaient en rien le travail effectif de législateur.
Conclusion : je laisse à l’appréciation de chaque citoyen le fait de juger du sérieux de ce genre d’ « enquête » qui se borne à compiler mécaniquement des données statistiques, sans prendre en compte les multiples facettes du travail parlementaire, dont celui essentiel à mes yeux, du contact avec la population et les élus locaux.
Quant au mécanisme de comptage des absences et au montant des possibles « retenues », comment ne pas sourire lorsqu’on voit au sein de la fameuse liste, des députés qui ont été 3 fois moins présents que moi, soumis à une « peine » identique.
Je partage donc tout à fait l’avis du Président Bernard Accoyer et de Paul Giacobbi qui ont dénoncé dans la presse le contenu de cette auto-revendiquée « veille démocratique » qui, en galvaudant la réalité du véritable travail parlementaire que nous effectuons au quotidien, ne peut à terme que favoriser l’antiparlementarisme et la défiance envers les élus du peuple.
Dr Sauveur GANDOLFI-SCHEIT
Député de la Haute-Corse