Le 3 juillet 2007, aussitôt après les élections législatives, le Parlement se réunissait en session extraordinaire pour plancher sur 4 réformes chères au Président de la République. L’une d’elles concernait la « continuité du service public dans les transports », et notamment la mise en place d’un « service minimum ». Constatant que le projet de loi ne concernerait que les « transports terrestres réguliers de voyageurs », le député Sauveur Gandolfi-Scheit, a estimé que le nouveau texte ne prenait pas en compte la spécificité insulaire, et l’importance cruciale du transport public maritime dans le quotidien des Corses, quand on sait que le transport maritime Corse- Continent concerne chaque année plus de 4 millions de personnes, et que 80% du frêt (approvisionnement en marchandises) provient de Marseille, assuré pour la plus grande part par le service public.
Le baptême du feu du député
Fidèle à ses engagements de campagne sur cette question, le nouveau représentant de la Haute-Corse, est immédiatement monté au créneau en déposant un amendement, visant à l’extension immédiate de la loi, non seulement au transport maritime, mais aussi au trafic de marchandises. Fédérant autour de lui la majorité des parlementaires du groupe UMP (au premier rang desquels le député Camille de Rocca Serra), le député a défendu le 31 Juillet dans l’Hémicycle du Palais-Bourbon son amendement, devenant ainsi le premier « bleu » à prendre la parole au sein de la nouvelle représentation nationale (voir la vidéo) . Malgré plusieurs demandes de retrait par les ministres concernés, et au terme d’un discours très applaudi, Sauveur Gandolfi-Scheit décidait de maintenir son texte.
Cette fermeté et la certitude de voir l’amendement adopté immédiatement, a conduit le Gouvernement à prendre des engagements fermes en vue de l’extension future de la loi au secteur maritime. Par la voix des ministres Xavier Bertrand (Travail et relations sociales) et Bussereau (Transports) il a ainsi reconnu la nécessité de mettre en place le service minimum pour le maritime, suivant le modèle de négociation qui avait été mis en place entre la SNCF et la RATP et les syndicats, pour le transport terrestre. Fort de cet engagement, le député Gandolfi-Scheit a demandé et obtenu une dernière garantie au groupe UMP : le dépôt d’un amendement précisant qu’au terme d’une concertation préalable entre les autorités organisatrices de transports (AOT) et les syndicats de travailleurs, un projet de loi gouvernemental serait adopté concernant le service public maritime de transports de voyageurs et de passagers.
Des garanties obtenues
Satisfait tant sur le principe que sur la mise en place d’un échéancier, le député Gandolfi-Scheit a alors accepté de retirer son amendement : « Il était fondamental que le Gouvernement prenne la mesure de notre détermination. C’est chose faite, mais pour ma part je resterai très viligant ». Non sans déplorer que les députés corses d’opposition MM. Giacobbi et Renucci en se déclarant solidaires des amendements de la gauche hostiles au service minimum, aient voté contre les intérêts de la Corse…
Evolution du dossier : Actuellement, alors qu’un premier bilan d’étape national doit être effectué sur l’application de la loi dans le secteur des transports terrestres, la balle est toujours dans le camp des AOT (pour la Corse, il s’agit de la Collectivité Territoriale) et des syndicats pour le domaine maritime. Quant au député - qui n’a pas la mémoire courte- si les choses en restaient là il déposerait lui-même une proposition de loi dont il sait qu’elle bénéficiera de l’appui de la majorité de ses collègues.