Depuis des années la Fédération Régionale des Chasseurs de Corse, souhaite obtenir une dérogation afin de pouvoir prolonger la période d’ouverture de la chasse aux turdidés (grives et merles) jusqu’à la fin du mois de Février. Les 17.000 chasseurs insulaires s’appuient sur un dossier scientifique constitué en 2005 et validé par l’Observatoire national de la faune sauvage, ainsi que sur l’absence totale de chasse durant les mois d’Octobre et Novembre, en raison de la grande vulnérabilité des oiseaux à cette période.
Les demandes effectuées depuis Août auprès du ministère de l’Ecologie, en vue d’obtenir un report de la date de fermeture de la chasse, n’ayant rien donné, la Fédération corse représentée par son Président Paul Ettori, s’est tournée ces derniers jours vers le député Sauveur Gandolfi-Scheit afin que ce dernier puisse saisir Nathalie Kosciusko-Morizet. Jugeant les arguments avancés par les chasseurs sérieux et fondés, le parlementaire de Haute-Corse vient de plaider leur cause dans un courrier envoyé en urgence à la ministre de tutelle : « Au-delà des considérations techniques, il est évident que la volonté des amateurs insulaires est de promouvoir une chasse responsable. A ce titre, ils ne demandent aucunement d’outrepasser les contraintes inhérentes à la préservation nécessaire de la biodiversité, mais entendent simplement que soient prises en compte les spécificités corses en ce qui concerne la reproduction et la migration des turdidés. Profondément inscrite dans le patrimoine culturel local, la pratique de la chasse contribue à maintenir une certaine vitalité de l’espace rural. C’est pourquoi il serait juste d’octroyer une dérogation pour l’année 2011, tout en engageant une véritable réflexion sur une meilleure répartition des périodes de chasse sur le territoire national ».
Résultat de l’intervention : Après avoir un temps semblé enclin à accorder la dérogation espérée, le ministère de l’Ecologie a finalement jugé plus prudent de prendre en compte un avis du GEOC (Groupe d'Experts sur les Oiseaux et leur Chasse) rendu en décembre 2010, en maintenant pour l’heure, le statu quo.
Si le cas du merle noir, qui a fait l’objet d’études affinées, ne semble pas poser de problèmes, c’est selon le GEOC la question de la migration en Corse des autres turdidés, qui demeure en suspens. Constatant l’absence de données actualisées et fiables sur ce point, le ministère a préféré suivre les experts, en demandant à ce que des éléments « permettant de dire que la migration des turdidés en Corse s’effectuerait selon un schéma différent de celui des oiseaux passant par la Provence » soient fournis d’ici l’ouverture de la saison de chasse 2012. Sur ce dernier point, le député Sauveur Gandolfi-Scheit, qui continuera à suivre ce dossier, précise que « cette décision n’est pas définitive, d’autant que le cabinet de la Ministre m’a fait part de sa volonté d’approfondir dès à présent et avec les chasseurs insulaires, l’expertise sur l’existence d’une spécificité corse. Si nous arrivons ensemble à mettre cette spécificité en valeur, ce ne sont plus des dérogations que nous serons en droit de demander, mais une réglementation spécifique et durable pour les 17.000 chasseurs de l’île».