Le Grenelle de l’Environnement a permis de faire naître des entreprises qui ont largement participé à la diffusion des énergies vertes sur tout le territoire national. En Corse, alors que les potentialités sont très importantes, de nombreuses sociétés se sont créées en pensant bénéficier à plein des mesures incitatives alors instaurées. C’est ainsi que dans le courant de l’année 2010 nombre de projets ont été élaborés. La majorité d’entre eux étaient en passe d’aboutir, lorsqu’a été pris le 9 Décembre 2010 un décret qui, en mettant en place un moratoire de 3 mois, a stoppé la dynamique engagée, en obligeant à redéposer à partir du 2 Mars 2011 auprès de l’organisme chargé de racheter l’électricité à savoir EDF, les dossiers déjà constitués.
Saisi par les entreprises locales, le député Sauveur Gandolfi-Scheit partage les inquiétudes de la filière et a écrit aux Ministres du Développement durable et de l’Energie : « Il résulte de cette nouvelle disposition réglementaire un préjudice évident et immédiat tant pour les développeurs de projets, que pour les entreprises locales sous-traitantes participant à la construction et la pose de panneaux photovoltaïques. La mise en place du moratoire implique en effet le gel total des activités et de ce fait une absence de chiffre d’affaires, qui ait courir les risques à très court terme de redressement judiciaire pour certaines d’ente elles ». C’est pourquoi, afin d’assurer la pérennité du secteur, le parlementaire demande « la sortie indispensable et urgente de ce moratoire, afin que les projets les plus avancés puissent être menés à leur terme, entraînant les règlements dus aux entreprises » ainsi que la poursuite du projet de doter la Corse d’un statut spécifique, en vertu de l’insularité et du fait de la non-interconnexion de son réseau électrique (Z.N.I) avec le Continent : « il est essentiel que soit davantage pris en compte le contexte précis de la Corse, marqué par un accroissement très important des besoins énergétiques qui ont entraîné, notamment en 2005, de nombreuses défaillances du réseau (…). La vocation plusieurs fois mises en avant de faire de l’île un « pôle d’excellence environnemental » devrait inciter à investir massivement dans cette technologie (…) d’autant que cette dernière bénéficie d’un ensoleillement nettement supérieur aux autres régions françaises et donc d’un « patrimoine solaire » exceptionnel ».