LIBERATION DE LA CORSE DANS LES MANUELS SCOLAIRES: LES ENGAGEMENTS DU MINISTRE LUC CHATEL (Mai 2010)
Le 25 Mars 2008, par le biais d’une Question orale posée au Ministre de l’Education Nationale, le député de la Haute-Corse Sauveur Gandolfi-Scheit faisait résonner pour la première fois devant la représentation nationale les vérités qu’ici chacun connaît et que pourtant on persiste depuis bientôt 70 ans à ne pas enseigner aux enfants de France, à savoir qu’au cours du second conflit mondial, la Corse, à l’issue de durs combats faisant plusieurs centaines de victimes, a été le "premier département libéré de la France métropolitaine, dès Octobre 1943". Et que cette libération fut assurée par ses habitants conjointement avec des soldats de l’Armée Française, sans intervention des troupes Anglo-américaines.
Le Général De Gaulle ayant lui-même déclaré à Ajaccio le 8 octobre 1943 : « Les patriotes corses auraient pu attendre que la victoire des armes réglât heureusement leur destin. Mais ils voulaient eux-mêmes être des vainqueurs ! La Corse a la fortune et l’honneur d’être le premier morceau libéré de la France», le parlementaire de Haute-Corse avait demandé au Gouvernement defaire inscrire officiellement cette vérité en modifiant les programmes scolaires, afin de permettre aux éditeurs de manuels d’en tenir compte lors de la conception de leurs ouvrages.
Le ministre de l’époque Xavier Darcos avait alors saisi par courrier le Président du Syndicat National de l’Edition, Serge Eyrolles, afin que cette « vérité historique, (…) fait exemplaire de résistance et de patriotisme, à laquelle il est légitime que les enseignants se rapportent, soit prise en compte à l’avenir pour traiter de cette période de l’Histoire». Quelques jours plus tard, ce dernier lui répondait que « les différentes maisons d’édition étaient désormais sensibilisées » et feraient « tout leur possible pour intégrer dans les prochains manuels » la mention réclamée au Palais-Bourbon, par le député de Haute-Corse.
Hélas, si dans l‘édition Hachette 2008, la Corse était apparue dans une carte avec la mention « Libérée en 1943 », l’année 2009 allait s’avérer synonyme de statu- quo, les ouvrages faisant toujours référence à la Normandie, en datant le début de la libération du territoire français au 6 Juin 1944. Suite à une nouvelle relance du député-maire de Biguglia, le Président des éditeurs faisait alors part dans sa réponse de l’ « impossibilité pour les éditeurs de modifier d’eux-mêmes les manuels», en renvoyant la balle vers le Ministère.
C’est pourquoi, Sauveur Gandolfi-Scheit s’est de nouveau tourné vers le nouveau ministre de l’Education, Luc Châtel, en rappelant notamment qu’ «Il n’y a pas des Histoires, il y a une Histoire de France, dont il est largement temps qu’elle soit présentée et enseignée de manière objective, claire et surtout vraie ». Argument massue auquel le Ministre a été incontestablement sensible, puisque dans son courrier de réponse au député il indiquait être « conscient de l'enjeu civique qu'une telle question représente. J'estime souhaitable que l'effort se poursuive et accompagne au collège la mise en oeuvre progressive des programmes d'enseignement de l'Histoire. C'est à partir de la rentrée 2012 que ceux-ci entreront en application au niveau de la classe de troisième. Les délais sont suffisants pour que l'ensemble des équipes éditoriales mentionnent la libération de la Corse en octobre 1943, et puissent ainsi répondre à la légitime attente du monde combattant insulaire dont vous portez la parole et la mémoire».
Ces propos très positifs, qui indiquaient que la solution était en passe d’être trouvée, ont de plus été réitérés le 18 Mai par le Ministre Chatel au cours d’un rendez-vous, qui s’est tenu au siège de la rue de Grenelle avec le député Gandolfi-Scheit. Non sans avoir rappelé que les manuels scolaires sont conçus et réalisés par des éditeurs indépendants du ministère, le Ministre a décidé d’agir en deux temps : d’abord enrencontrant personnellement et rapidement le Président Eyrolles, puis en rédigeant un courrier commun avec le député, destiné à chaque éditeur de manuels, visant à régler enfin et définitivement, une question vieille de 67 ans.