65 ans. Cela faisait 65 ans que l’on attendait qu’une initiative forte et déterminée soit entreprise, pour que la vérité historique soit rétablie et qu’apparaisse enfin dans les manuels scolaires la mention de «La Corse, 1er département français libéré ».
Un échec annoncé
Malgré les traditionnelles prédictions pessimistes, et faisant fi des difficultés qu’impliquaient la reconnaissance de ces faits pourtant irréfutables, le député Sauveur Gandolfi-Scheit a fait preuve de la ténacité et de la persuasion nécessaires à cette avancée.
Il s’est tout d’abord agi de batailler pour faire inscrire à l’ordre du jour des « questions d’actualité » cette lancinante question, qui de longue date exaspérait le monde combattant insulaire. Ainsi, à ceux qui mettaient en avant l’aspect « daté » de la revendication, le député a opposé que son « actualité » durait depuis plus de 60 ans, tout comme il devenait urgent de rendre l’hommage qu’ils méritent à ceux, disparus ou toujours vivants, qui ont sacrifié leur jeunesse sur l’autel de la liberté.
Une première dans l’Hémicycle
A force de persévérance, le groupe UMP inscrivait enfin à l’ordre du jour de la séance du 25 Mars la question devant être posée au Ministre de l’Education Nationale. Le jour dit, dans un discours incisif et s’appuyant sur des données irréfutables, le député Gandolfi-Scheit a fait résonner pour la première fois devant la représentation nationale (les initiatives précédentes s’étant bornées à une répétition de questions écrites recevant toujours la même réponse) les vérités qu’ici chacun connaît et que pourtant on persiste à ne pas enseigner aux enfants de France : « (…)La Corse, à l’issue de durs combats, a été le premier territoire libéré de la France métropolitaine, dès Octobre 1943 ! Et cette libération fut assurée par ses habitants conjointement avec des soldats de l’Armée Française, sans intervention des troupes Anglo-américaines !
Le Général De Gaulle lui-même, ne déclarait-il pas à Ajaccio le 8 octobre 1943 : « Les patriotes corses auraient pu attendre que la victoire des armes réglât heureusement leur destin. Mais ils voulaient eux-mêmes être des vainqueurs ! La Corse a la fortune et l’honneur d’être le premier morceau libéré de la France !» (…)
Cette vérité, je vous demande de bien vouloir la faire inscrire, de façon tout à fait officielle, lors de l’élaboration des prochains programmes des Collèges et Lycées, ce qui permettra aux éditeurs de manuels scolaires d’en tenir compte lors de la conception de ces ouvrages ».
Une réponse satisfaisante mais encore partielle
Le Ministre Xavier Darcos étant retenu en République Tchèque, la réponse fut apportée par Mme Valérie Pécresse, sa collègue de l’Enseignement supérieur et de la recherche : reprenant les principaux faits soulevés, et notamment les propos édifiants du Général de Gaulle, la Ministre a reconnu l’importance du « fait résistant et patriotique » insulaire. Cependant, sur la demande d’inscription dans les programmes et manuels scolaires, il était simplement renvoyé à la possibilité pour les enseignants de se référer à ces faits, sur la base d’un CD-Rom existant depuis 2003.
Or, Si le député (accompagné pour l’occasion par le député et Président de l’Assemblée de Corse, Camille de Rocca-Serra) pouvait être satisfait sur les principes et la forme, il n’en demeurait pas moins que rien de concret et de nouveau n’avait été annoncé. C’est pourquoi, dès le lendemain, il a repris langue avec le cabinet du Ministère, pour réitérer l’aspect fondamental de la requête, à savoir l’inscription dans les manuels scolaires des collèges (4ème) et Lycées (1ère) traitant de la 2ème Guerre Mondiale.
La concrétisation des engagements
De retour de l’étranger, le ministre Darcos a tenu à rassurer le député sur sa volonté de franchir définitivement le cap, en intervenant directement auprès des éditeurs de manuels scolaires. Ainsi, le 9 Avril dernier il saisissait officiellement le Président du Syndicat National de l’Edition, Mr Serge Eyrolles afin que cette « vérité historique (…) fait exemplaire de résistance et de patriotisme, à laquelle il est légitime que les enseignants se rapportent, soit prise en compte à l’avenir pour traiter de cette période de l’Histoire ».
Malgré plusieurs ministres corses (certains l’étant même plusieurs fois) et une bonne dizaine de tentatives de parlementaires, jamais une telle avancée n’avait été obtenue.
C’est dire si la nouvelle a réjoui tous ceux qui sont légitimement attachés à ce que le sacrifice de centaines d’hommes soit enfin connu et reconnu, sans parler de l’ensemble du monde combattant qui n’a pas manqué de remercier le député pour son intervention.
Evolution du dossier : Xavier Darcos avait promis au député de le tenir informé de l’évolution du dossier. C’est ce qui a été fait 30 Avril dernier : reprenant le texte de la reponse de Mr Eyrolles il a précisé que « les différentes maisons d’édition sont désormais sensibilisées et feront tout leur possible pour intégrer dans les prochains manuels » la mention réclamée le 25 Mars au Palais-Bourbon, par le député de Haute-Corse.