Après deux précédentes missions parlementaires effectuées en 2007 et 2008 à Taïwan et en Chine, le député de la Haute-Corse a récemment représenté la République Française dans l’Océan Indien, en compagnie d’une délégation de 7 députés de l’Assemblée Nationale, appartenant au groupe d’amitié France-Maurice, dont l’élu corse est le Vice- Président.
Etalée sur plusieurs jours, cette visite officielle a été largement consacrée à des réunions politiques avec les autorités du pays, sur fond de commémoration du bicentenaire de la bataille de Grand-Port, qui en 1810 constitua la seule victoire navale des armées napoléoniennes contre les Anglais. Appelée « Maurice » au XVIIème siècle en l’honneur du Prince hollandais Maurice de Nassau, cette île quatre fois plus petite que la Corse mais quatre fois plus peuplée avec une population de 1.300.000 habitants, a pour capitale Port-Louis et constitue depuis 1968 et la fin de la tutelle britannique, une République indépendante.
Conquise en 1715 et même rebaptisée sous la Régence, « Ile de France », elle a connu pendant près d’un siècle une domination française, qui a laissé des traces profondes dans une société métissée où se côtoient descendants d’indiens (68%) et créoles (27%). Bien que l’anglais ait aujourd’hui le statut de langue officielle, la langue de Molière est ainsi toujours largement utilisée, puisque le journal télévisé national et les principaux quotidiens de l’île sont en français. Même constat pour le secteur touristique, sur lequel la jeune démocratie mauricienne a axé ses efforts.
L’Ile attire en effet chaque année plus de 800.000 visiteurs dont plus de la moitié viennent de France. « Cette tendance ne semble d’ailleurs pas prête de s’inverser puisqu’en 2009, ce tourisme hexagonal a encore progressé de plus de 8 % » souligne le député insulaire. « Un volume remarquable en période de crise économique et quand on sait que 10000 kilomètres séparent les deux pays » poursuit ce dernier, qui ne voit dans cette situation aucun paradoxe, mais « une preuve supplémentaire que l’action résolue du Président de la République pour combattre les effets de la crise a permis à notre pays de mieux résister que nombre de nos voisins européens, puisque dans le même temps le tourisme anglais, allemand, espagnol et italien s’est effondré dans l’île».
Sur la photo: le député Sauveur Gandolfi-Scheit reçu au Château par le Président de la République, Sir Anerood Jughnaught et l'Ambassadeur de Maurice en France.
LA BATAILLE DE GRAND-PORT
Alors que la guerre fait rage depuis 1792, les Anglais sont devenus hégémoniques dans la Région où ils ont notamment conquis l’Ile de la Réunion, Maurice demeure le seul bastion français. Durant cinq jours, les flottes britanniques et impériales s’affrontent, au cours de violents combats causant près de 700 victimes et entrainant la capture de 1600 Anglais. Cette victoire navale, la seule que Napoléon ai jamais remportée, figure encore aujourd’hui sur l’Arc de Triomphe à Paris. Elle n’empêcha cependant pas la prise définitive du territoire par une armada anglaise composée de 70 navires, puis le rattachement officiel à la Couronne Britannique en 1814.
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