Dans un courrier envoyé à Michel Mercier le 29 Décembre dernier, le parlementaire interpelle le Ministre sur la question du rapprochement familial des détenus corses condamnés, au sein du nouveau quartier de 20 places du Centre de Détention de Borgo.
Après avoir salué le respect des engagements ministériels quant à l’achèvement des travaux d’extension, Sauveur Gandolfi-Scheit souligne qu’ « il apparaissait évident pour la grande majorité des corses, que ces rapprochements devraient être effectués, non en fonction de la qualité des détenus, mais de la souffrance des familles de ces derniers ».
Or, déplore le député, « faute d’informations officielles émanant de l’administration pénitentiaire, relatives aux ratios de détenus de droit commun et issus de la mouvance nationaliste, une énième polémique a commencé à enfler dans l’île, ayant pour fondement le fait qu’aucun détenu nationaliste ne ferait partie de la vague de détenus rapprochés ». Face à ces interrogations, qui n’ont pas tardé à se muer en accusations contre le Gouvernement, au sujet d’une « prétendue discrimination entre les détenus insulaires », le député indique avoir pris attache avec la direction du Centre Pénitentiaire, qui lui a assuré que « le nouveau C.D comporterait actuellement 3 détenus sur 20 au total, condamnés pour des faits en relation avec le nationalisme » ainsi que la « possibilité à brève échéance d’effectuer un rapprochement de 2 ou 3 détenus supplémentaires ».
La manifestation organisée le 27 Décembre par les associations de défense des détenus et prévenus nationalistes devant le C.P de Borgo, n’ayant pas permis d’obtenir d’informations officielles au sujet du remplissage du centre de détention, la controverse sur les chiffres n’en finit pas de se poursuivre, avec l’annonce d’une nouvelle journée d’action fin Janvier, à Toulon.
C’est pourquoi, afin de mettre un terme à cette polémique, le député de la Haute-Corse réclame du Garde des Sceaux une intervention directe dans le dossier : « une communication claire et une mesure de rapprochement ainsi qu’évoquée, pourraient permettre d’apaiser les esprits, en assurant les Corses de l’absence de discrimination et de la bonne foi de l’Etat. Je vous serai donc particulièrement reconnaissant, Monsieur le Ministre, de bien vouloir vous pencher personnellement sur cette question et de me tenir informé des prochains développements ».