En marge du séjour des 22 députés UMP en Haute-Corse, s’est tenue dans les salons de l’Hôtel Sampiero de Bastia, une réunion entre les représentants de la C.A.R (Commission Anti-répressive du mouvement politique Corsica Libera) accompagnés de plusieurs mères de prisonniers, et les députés Jean-François Copé et Sauveur Gandolfi-Scheit.
Cette rencontre, organisée à l’initiative du parlementaire de Haute-Corse, a été notamment l’occasion pour la C.A.R de saisir le Président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale (près de 320 députés) de la douloureuse question du maintien en détention sur le Continent de plus d’une dizaine de détenus de la mouvance nationaliste actuellement conditionnables, et donc « rapprochables ». Elargissant ensuite le débat aux questions des appels systématiques des parquets, et enfin à la reconnaissance du statut de « prisonnier politique » (catégorie qui n’existe plus en France depuis 1981), la délégation de la C.A.R a remis aux deux députés de la majorité présidentielle, un document de travail évoquant l’ensemble de ces revendications.
Le premier à répondre à la délégation a été le député Sauveur Gandolfi-Scheit, qui a d’emblée rappelé ses engagements pris à plusieurs reprises en 2007 au sujet du rapprochement au sens large de « tous les détenus corses conditionnables, qu’ils soient considérés par les familles comme « politiques » ou de « droit commun ». Puis, avant de céder la parole à son collègue et Président de groupe, il s’est déclaré prêt- chaque fois qu’il sera directement saisi d’un cas particulier par la C.A.R- à intervenir concrètement auprès du ministère de tutelle, et en parallèle à travailler, sur la base des documents remis par la délégation, sur des solutions alternatives au manque de capacité du centre de détention de Borgo.
Il est ensuite revenu à Jean-François Copé de conclure cette réunion. Reprenant in extenso plusieurs engagements explicites du Président de la République Nicolas Sarkozy (notamment en Octobre 2007 à l’Assemblée de Corse) l’ancien ministre et porte-parole du gouvernement a rappelé qu’en matière de rapprochement, la loi française (qui stipule que « les détenus condamnés doivent être incarcérés au plus près de leur domicile ») ne souffrait pas la moindre ambiguité.
Reconnaissant « qu'il y a un certain nombre de conditions pratiques qui aujourd'hui font obstacle à l'application de la loi », il s’est engagé devant le député Gandolfi-Scheit et la délégation de la C.A.R, à « écrire à la Garde des Sceaux Rachida Dati, afin de la saisir de ce sujet et de lui dire à quel point nous, députés français, sommes attachés à ce que les lois s'appliquent ».
Douloureuse pour les familles qui vivent souvent un véritable calvaire, et génératrice d’un sentiment d’injustice dans une grande partie de l’opinion insulaire, la question du rapprochement des prisonniers corses pourrait donc se trouver relancée par l’action des deux députés.
C’est du moins ce qui était unanimement espéré par l’ensemble des participants à cette réunion du 8 Mars qui s’est tenue, malgré la sensibilité des sujets évoqués, dans la courtoisie et le respect réciproque.