Au mois de Septembre 2007, à l’issue d’un match à Libourne, le Sporting Club de Bastia se retrouvait confronté à la partialité des instances et au déchaînement médiatique.
Un lynchage sans précédent
Sur la foi de témoignages peu clairs, et avec un zèle tout particulier, la Ligue de Football Professionnel (LFP) décidait de retirer 1 point au club ce qui constituait une sanction sans précédent dans les annales du football français. Face à cette injustice, le Sporting décidait d’entamer une guerilla judiciaire. A l’occasion du match retour le 22 Février à Furiani et alors que la sanction initiale avait été confirmée en appel, les supporters bastiais exhibaient une banderole injurieuse à l’attention du joueur burkinabé qui n’avait pas daigné effectuer le déplacement.
Cette « pseudo-affaire » ne tardait pas à provoquer un véritable lynchage de la part des médias continentaux, qui se sont empressés de stigmatiser les supporters et plus généralement les corses. De leur côté, jamais en reste d’un incident à monter en épingle, les instances du football se faisaient remarquer par leurs condamnations outrancières et leur demande de sanctions exemplaires. Condamné en première instance à une peine (une fois encore jamais vue pour de faits similaires) d’1 match à huis-clos, le SCB se voyait traîner en appel par le Président Frédéric Thiriez qui non content de requalifier les faits en « racistes » et « homophobes » réclamait une aggravation des sanctions et le retrait de 2 points supplémentaires !
Le député solidaire du club et des supporters
Dès les lendemains de cette seconde affaire, le député Sauveur Gandolfi-Scheit a tenu à témoigner au club (qui lui aussi était mis en cause, voire même accusé de complicité) et au public bastiais son soutien. Révolté par le caractère déplacé des accusations et l’énormité des peines réclamées, et en plein accord avec les dirigeants du Sporting, il n’a pas hésité à réclamer un entretien avec le secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, afin de dénoncer le traitement discriminant dont les corses étaient victimes. Le 25 mars 2008 au Palais-Bourbon, une rencontre a été organisée. N’hésitant pas à parler de « racisme anti-corse » le parlementaire insulaire a sollicité l’intervention du Ministre afin que le ridicule cesse et que les choses reviennent à leur juste proportion.
A l’issue d’une discussion très animée et chaleureuse puis au micro de France 3 Ile de France, Bernard Laporte s’est déclaré en tous points d’accord avec l’analyse du député. Convenant que la banderole était simplement injurieuse et que dans l’absolu les corses n’avaient en rien le monopole de la violence ou du racisme, il a fait part de son souhait que cette affaire reprenne des proportions décentes et que cesse la sensation d’acharnement durement ressentie dans l’île. Après s’être engagé à rencontrer Mr Thiriez à ce sujet, il a tenu à assurer le club et son public de toute sa sympathie.
Evolution du dossier : alors que le SCB a pu récupérer devant le Tribunal Administratif de Bastia le point supprimé suite au match aller, l’affaire Kébé II est toujours pendante. Désormais placé sous le sceau du symbôle (la saison sportive étant terminée) le combat pour l’annulation des sanctions par le CNOSF se poursuit, avec bon espoir d’obtenir une victoire certes tardive, mais ô combien importante pour une population trop facilement (voire systématiquement) mise à l’index, ce qui justifiait déjà en soi, l’intervention (fort bien perçue car bien rare par le passé) de son député.