Paris, le 1er Mars 2011
Pour la énième fois, la SNCM est en grève et la lassitude et le fatalisme gagnent la société insulaire, qui semble se résigner à ces récurrents blocages qui plombent nos entreprises et notre économie. Face au jusqu’auboutisme de certains syndicats, la mise en place d’un service minimum garanti dans les transports maritimes, apparaît plus que jamais indispensable.
Loin de remettre en cause le droit de grève, cette mesure réclamée par de nombreux Corses, est de plus largement réalisable, à condition qu’on en pose enfin correctement les tenants et les aboutissants. Contrairement à ce qu’on entend trop souvent, y compris dans la bouche d’élus, cette instauration ne dépend plus de l’Etat, mais bien de la Collectivité Territoriale de Corse qui est l’autorité organisatrice des transports (AOT) pour notre île.
En effet, lors de la discussion à l’Assemblée Nationale de la loi sur le service minimum dans les transports terrestres en Juillet 2007, j’avais déposé un amendement concernant l’extension immédiate au secteur maritime. Les ministres des Transports et du Travail avaient alors posé comme préalable à toute extension, l’organisation d’une « concertation en amont » entre l’AOT, les syndicats et les socioprofessionnels, sur le modèle de ce qui avait été fait à la SNCF et à la RATP.
Soutenu par les députés de la majorité, ce n’est qu’en contrepartie de la garantie conjointe du Gouvernement et du groupe UMP de présenter puis de voter cette extension, une fois la concertation effectuée en Corse, que j’avais accepté de retirer cet amendement. Or, et malgré plusieurs de mes appels en ce sens lors des grèves d’Octobre 2009 et Février 2010, cela fait désormais près de 4 ans qu’aucune évolution n’a été constatée sur ce dossier, faute de volonté politique de l’Assemblée de Corse.
C’est pourquoi, malgré l’opposition du Président de l’Office des Transports sur le sujet, je propose aux chambres consulaires, aux transporteurs et à l’ensemble des corps de métiers insulaires asphyxiés par les conflits, de coordonner une action pour que soit enfin débattue à Ajaccio, cette question cruciale du service minimum maritime. Il est urgent de définir une bonne fois une politique de transports maritimes cohérente et dans l’intérêt des Corses.
Dr. Sauveur GANDOLFI-SCHEIT
Député de la Haute-Corse
Maire de Biguglia