INTERVIEW DU DEPUTE DANS "LA CORSE VOTRE HEBDO" (Juillet 2010)
Au tout début du mois de Juillet, le député a répondu aux questions de Jacques Renucci pour l'hébdomadaire "La Corse Votre Hebdo". De son bilan de mi-mandat à la future chambre régionale de commerce, en passant par le rapprochement des détenus corses à Borgo, la reconnaissance de la Libération de la Corse en 1943 dans les manuels scolaires et l'organisation de l'UMP en Haute-Corse, Sauveur Gandolfi-Scheit a, avec son franc-parler habituel et donc sans langue de bois, abordé les principales problématiques du moment.
1. L'assiduité des députés, la vôtre parmi d'autres, a fait l'objet de
commentaires critiques. Qu'avez-vous à dire à ce sujet ?
Je dirai la même chose que ce que j’avais déjà répondu l’an dernier à un magazine insulaire qui avait repris les données de cette soi-disant « enquête ». Ce prétendu « travail » ne consiste en rien à analyser la véritable assiduité des députés au Palais-Bourbon, mais à simplement répercuter certains éléments partiels du travail parlementaire, notamment les fameuses « interventions » dans l’Hémicycle.
Or, ce que l’auteur ne précise pas, c’est qu’une simple exclamation « tout à fait » ou « il a raison » lors d’un débat suffit pour être comptabilisée comme une « intervention » sur le site de l’Assemblée Nationale. Et qu’ainsi, rien qu’avec 10 de ces interjections, on peut faire un bond de 140 places ! C’est dire combien il faut prendre ce genre d’ « investigations » copiées-collées d’un site internet, avec des pincettes. De plus, loin d’être à la remorque, je fais au contraire partie des députés de Province les plus présents (c'est-à-dire en moyenne 2 semaines sur 3, plus de 2 jours pleins à chaque fois). Et c’est justement cette présence et mon travail constant au Parlement et dans les ministères, qui me permettent d’ « exister » à Paris et d’avoir obtenu en peu de temps les importants résultats que chacun peut retrouver sur mon blog www.depute-gandolfi.com ou dans le bilan de mi-mandat que j’ai fait récemment distribuer à l’ensemble des habitants de la ma circonscription de Haute-Corse
2. Vous vous battez pour la chambre de commerce régionale à Bastia. Pourquoi, alors que les données de l'INSEE donnent la préférence à Ajaccio? Vous sentez-vous isolé dans ce combat au sein de la représentation parlementaire insulaire?
Depuis deux ans que cette question fait débat, je suis le seul député corse à m’être investi sur ce dossier, tant auprès du Gouvernement que lors de la discussion générale du projet de loi en Avril dernier. Je suis même le seul à continuer à prendre publiquement position sur ce sujet, en l’occurrence en faveur de Bastia et de la Haute-Corse, qui depuis toujours constituent le poumon économique de l’île. Ce dont a notamment convenu le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant dans le courrier qu’il m’a adressé en Décembre 2008, et telles qu’en témoignent toutes les statistiques en matière d’emploi, de nombre entreprises, de recettes de TVA, sans même parler du trafic passager du Port de Bastia (qui est le 2ème de France en la matière) et de l’aéroport international de Poretta, qui a franchi l’an dernier le cap du million de passagers. Sans oublier que le département de Haute-Corse comporte actuellement plus de 20.000 habitants de plus que la Corse-du-Sud. Parvenus à ce stade de l’analyse, reste donc à savoir ce que veulent dire les fameux « chiffres de l’INSEE » que vous évoquiez plus haut.
En vérité, loin de venir contrebattre la réalité économique en faveur du Nord de l’île, les seules données en faveur d’Ajaccio et de nos amis sudistes concernent le volume de taxe professionnelle perçue par les collectivités. Sauf que l’on oublie sciemment de préciser que ce volume est essentiellement dû à la présence des directions régionales des principales entreprises publiques et privées ! En regroupant en Corse les sièges des entreprises autour du chef-lieu de la Région à savoir Ajaccio, on a créé une économie « politique » et donc artificielle, qui n’a eu pour effet que d’aggraver le déséquilibre territorial au détriment de la Haute-Corse. Et c’est justement pourquoi je me bats sans relâche pour que la fixation du siège de la future chambre régionale soit faite sur des critères basés sur l’économie réelle, c'est-à-dire à Bastia.
3. La révision des manuels scolaires. Où en est-on de ce dossier?
Nous sommes en train de toucher au but. Ce qui n’a pas été une sinécure, tant il a fallu batailler auprès du Ministère puis des éditeurs de manuels scolaires. Lorsque j’ai initié ce combat en Mars 2008, cela faisait plusieurs décennies que les parlementaires corses se voyaient opposer les mêmes réponses écrites, qui n’allaient pas plus loin qu’une timide reconnaissance des évènements. Il fallait donc, avec le soutien sans faille du monde combattant insulaire, porter pour la première fois la question directement dans le lieu le plus solennel, à savoir l’Hémicycle.
Fort des faits incontestables des mois de Septembre-Octobre 1943 et des propos du Général de Gaulle qui avait déclaré à Ajaccio « La Corse a la fortune et l’honneur d’être le premier morceau libéré de la France », j’ai obtenu du Ministre de l’Education de l’époque, à la fois la reconnaissance officielle que la libération de la Corse était une « vérité historique et un fait exemplaire de résistance et de patriotisme auxquels il était légitime que les enseignants se rapportent », mais aussi le fait que ce dernier saisisse directement le Syndicat National de l’Edition, qui a compétence en matière de modification des ouvrages. Hélas, alors que dès la rentrée 2008 un premier résultat avait été obtenu avec l’apparition de la « Corse libérée en 1943 » dans un manuel, le président du Syndicat des Editeurs n’a pas voulu aller plus loin, sans une modification préalable des programmes. Il était donc indispensable de relancer de nouveau le Ministère de l’Education, et c’est pourquoi j’ai rencontré le 18 Mai dernier Luc Chatel au siège de la rue de Grenelle.
Conscient de « l’enjeu civique » de la question, le Ministre m’a aussi indiqué par courrier qu’il souhaitait la mise en oeuvre progressive des programmes d’Histoire afin que la Corse soit, dès la rentrée 2012, reconnue dans les ouvrages de 3ème comme le « premier département français libéré en Octobre 43 » par les corses eux-mêmes et par l’armée française, sans le concours des forces anglo-américaines. Attendu depuis près de 70 ans, ce résultat ne sera que justice pour tous ceux qui ont sacrifié leur jeunesse et pour certains leur vie, pour que nous puissions vivre libres.
4.Le rapprochement des détenus. Vous vous êtes fortement impliqué là aussi. Paul Giacobbi en a fait une exigence de début de mandature. Qu'en pensez-vous?
Mon action parlementaire en faveur du rapprochement des détenus est la concrétisation d’une promesse de campagne faite aux électeurs en 2007. Une fois élu, il était de mon devoir de faire le maximum pour que tous les détenus, qu’ils soient de droit commun comme de la mouvance nationaliste, puissent conserver des liens suffisants avec leurs familles, qui souffrent depuis longtemps de cette situation d’éloignement qu’elles vivent comme une véritable injustice.
Dès Mars 2009, avec le Président du groupe UMP à l’Assemblée Jean-François Copé, nous avons rencontré à Bastia plusieurs mères de détenus ainsi que la CAR. Conformément à mes engagements, j’ai ensuite -et sans tapage médiatique- commencé à travailler activement sur ce dossier, en répondant positivement aux saisines individuelles faites par les familles, mais aussi par l’élaboration d’une proposition de projet de loi (PPL) visant à consacrer le « droit au rapprochement familial de tous les détenus français condamnés ». Car même si la situation en Corse est bien entendu à la base de mon action, je suis convaincu que c’est par une loi générale qu’il sera mis fin au pouvoir discrétionnaire de l’administration pénitentiaire et que cette question pourra être résolue. Dans ce contexte, le soutien de Paul, Simon, Camille et de près de 80 députés UMP à ma PPL déposée en Février 2010, est particulièrement significatif et porteur d’espoir. Quant à l’Assemblée de Corse, qui a déjà adopté par le passé plusieurs motions à l’unanimité sur le sujet, son rôle m’apparaît évidemment important, non pas dans le processus décisionnel final (la solution ne résidant pas en Corse, mais à Paris) mais au niveau du soutien nécessaire à notre PPL soumise à l’Assemblée Nationale.
Je le dis et le répète, ce n’est que par la coordination de nos efforts et de ceux de tous les corses, que nous parviendrons à résoudre ce douloureux dossier. Et c’est sur cette unanimité insulaire que je m’appuie actuellement lors des mes échanges avec le Président de la Commission des Lois de l’Assemblée, Jean-Luc Warsmann, afin que le texte soit soumis dès la rentrée prochaine, à l’examen des députés. 5. Après l'échec des territoriales, on nous avait promis une opposition
motivée et revancharde. On attend encore. A droite, y a-t-il un problèmede leadership, en Haute-Corse comme au plan régional ? Faut-il une nouvelle voie, comme le préconise Jean-Martin Mondoloni ? Faut-il une restructuration de l'UMP (qui, on peut le souligner, ne vous a pas tellement aidé lors de la constitution de sa liste)?
Il ne peut y avoir de problème de leadership en Haute-Corse puisque je suis le seul parlementaire du département et que de ce fait, tant au niveau de la population que des instances, je suis le représentant naturel de la famille libérale. Toutefois, être le premier des élus ne signifie pas pour autant à mes yeux vouloir « phagocyter » l’appareil et les structures militantes.
Autrement dit, je ne me situe pas contre l’évolution de l’UMP et de la droite insulaire, mais au contraire y suis favorable. Ainsi, lorsque Jean-Martin Mondoloni que vous évoquez, est venu avec ses amis m’expliquer le sens de sa démarche, j’ai non seulement compris cette dernière mais l’ai aussi approuvée et encouragée. La seule chose qui doit prévaloir aujourd’hui et demain en Haute-Corse, c’est l’union et l’ouverture de notre famille, afin que nous soyons en mesure de répondre du mieux possible aux attentes des corses.