MANIFESTE COMMUN
POUR LA MISE EN PLACE DU SERVICE MINIMUM DANS LES TRANSPORTS MARITIMES ET LA MISE EN DEBAT DE CETTE QUESTION PAR
L’ASSEMBLEE DE CORSE
Biguglia, le 10 Mars 2011
Monsieur le Président du Conseil Exécutif de Corse
Monsieur le Président de l’Office des Transports
Monsieur le Président de l’Assemblée de Corse
Messieurs les Présidents de groupe à l’Assemblée de Corse
Réunis ce jour à Biguglia, à l’initiative du député de la Haute-Corse Sauveur Gandolfi-Scheit, les élus que nous sommes, font une fois de plus le constat de la nécessité urgente d’organiser pour le secteur maritime, un dispositif législatif à même de favoriser le dialogue social et d’assurer la continuité du service public des transports de marchandises et de passagers.
Pour la troisième fois en 15 mois, et la énième fois depuis 1976, la Corse et son tissu économique subissent en effet les contrecoups d’un mouvement de grève au sein de la compagnie privée SNCM, délégataire d’une mission de service public à partir de Marseille et percevant à ce titre une partie très importante de l’enveloppe de continuité territoriale attribuée par la Collectivité Territoriale de Corse, c'est-à-dire de 74 Millions d’€ au titre de l’année 2011.
Le dernier conflit en date et le blocage de la quasi-totalité de la flotte, s’éternisent depuis près de 40 jours désormais, sans que l’Autorité organisatrice de Transports (AOT) pour la Corse, à savoir la CTC n’y puisse quoique ce soit. Les plaintes légitimes et appels à la raison lancés par le monde économique et une partie de la classe politique insulaire, ne trouvant aucun écho auprès des grévistes et de leur direction, il est indispensable aujourd’hui que l’Assemblée de Corse prenne ses responsabilités, en s’emparant une bonne fois pour toutes de la question de la continuité du service public maritime entre Corse et Continent.
Que les choses soient claires, il ne saurait être question dans l’esprit de la population insulaire et des ressortissants des différents organismes que nous représentons, de limiter en quoique ce soit le droit de grève qui depuis 1946 a valeur constitutionnelle. Mais simplement de le concilier de manière cohérente, avec les autres droits aussi essentiels que sont la liberté de circulation et d’entreprendre.
C’est d’ailleurs dans cet esprit, que la loi du 21 Août 2007 sur le « dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres » a été votée par le Parlement.
De manière ferme et collective, nous tenons clairement à refuser la résignation et à céder au fatalisme. La grève doit demeurer un moyen ultime d’expression, et non un préalable à toute discussion comme c’est le cas depuis trop longtemps. Tout aussi légitimes et inquiets que certains marins, nous trouvons inacceptable qu’une minorité du syndicat CGT-Marins de Marseille, quelles que puissent être ses revendications, continue à prendre en otage notre économie et nos compatriotes.
Pour autant, nous nous déclarons aujourd’hui, à l’unanimité des élus présents, prêts à apporter sans tarder notre pierre à l’édifice. La concertation en amont qui nous a été demandée par l’Etat en guise de préalable à une future loi, est parfaitement possible.
Messieurs les Présidents, nous attendons aujourd’hui de votre part un geste politique fort, afin que cette question légitime des mécanismes de mise en place du service minimum soit, sous l’égide de notre Collectivité Territoriale, au plus tôt mise en discussion puis organisée. Nous estimons qu’il est plus que temps désormais que tous les groupes politiques exposent à l’ensemble des 300.000 habitants de l’île, leur position et leur volonté sur le sujet.
Enfin, pour ce qui concerne l’actualité brûlante et face à l’urgence, l’ensemble des élus présents et qui entendent constituer une force de proposition collective, ouverte aux autres organisations professionnelles, et permanente sur le sujet de la desserte maritime entre notre île et le Continent, réclament à l’unanimité et sans tarder:
- L’arrêt immédiat de la grève à la SNCM.
- Le respect immédiat du principe de la liberté de circulation, qui a valeur constitutionnelle, pour toutes les compagnies maritimes sans exception, qu’il s’agisse du transport de marchandises ou de passagers, et dans tous les ports de Corse et du Continent.
- Une réunion immédiate avec le Président du Conseil Exécutif de Corse et le Président de l’Office des Transports au sujet de la grève en cours à la SNCM.
En vous remerciant par avance, nous vous prions, Messieurs les Présidents, de bien vouloir agréer l’expression de notre considération distinguée.
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Dr. Sauveur GANDOLFI-SCHEIT, Député de la Haute-Corse
Paul TROJANI, Président de la CRCI de Corse
Jean-Marc VENTURI, Président de la Chambre Régionale d’Agriculture de Corse
Monsieur François GABRIELLI, Président de la Chambre Régionale des Métiers
Monsieur Jean DOMINICI, Président de la CCI de Haute-Corse.
Monsieur Antoine PIACENTINI, Président de la Chambre des Métiers de Haute-Corse.
Monsieur Philippe PASQUALINI, Président de la CGPME de Haute-Corse.
Monsieur Louis CONSTANT, Président de l’UPA de Haute-Corse.
Monsieur Jean-Marc CERMOLACCE, Vice- Président du MEDEF de Corse.
Monsieur Jean-Marie MAURIZI, Président du Syndicat Professionnel des Transporteurs de la Corse.
Madame Agathe ALBERTINI, Présidente de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) de Corse.
Monsieur Jacques FIESCHI, Président du Syndicat « Strada Corsa ».