A la veille de la saison estivale, l’ensemble du personnel des gardes-côtes de la Brigade de Bastia réuni en intersyndicale, avait mobilisé les autorités maritimes et l’opinion sur le sujet du maintien et de la modernisation des moyens actuellement mis à leur disposition. Ils avaient ensuite remis un dossier complet sur leur rôle et leurs missions au député Sauveur Gandolfi-Scheit, qui s’était engagé à défendre le dossier à Paris.
Appartenant à l’administration des douanes, les gardes-côtes sont distincts des effectifs terrestres. Ils sont en Corse répartis en trois brigades (Bastia, Ajaccio, Porto-Vecchio) disposant chacune d’une vedette.
Composée de 14 membres, la Brigade de Bastia a été la 1ère de France pour le nombre de contentieux en 2006 et 2007, et le sera vraisemblablement encore pour 2008. Ces résultats sont dus tant à l’excellence du personnel local (à la fois expérimenté et très motivé) qu’à la spécificité de la Corse. L’île offre en effet une situation tout à fait singulière, puisqu’elle représente à elle seule près de 1000 kilomètres de côtes, soit 1/5ème du littoral français.
Or, pour faire face à ces contraintes géographiques et à la difficulté des missions assurées, force est de constater que la brigade de gardes-côtes bastiaise est en France la seule à n’avoir jusqu’ici jamais bénéficié de matériel neuf.
Ainsi, lors de la dernière grande restructuration de 2005 qui a vu la suppression de la moitié du parc naval français, une vedette avait été mise à la disposition de la brigade bastiaise pour remplacer la précédente qui avait largement dépassé la limite d’âge. Hélas, sur la base d’un manque de moyens au niveau national, c’est un navire en quasi-fin de vie qui avait de nouveau été affecté à Bastia. Et aujourd’hui, quelques années seulement après cette restructuration, cette vedette atteint déjà les 20 années, et donc le maximum estimé pour ce type de matériel.
Dans un courrier au Ministre du Budget, le député de la Haute-Corse pointe du doigt les dangers induits par cette vétusté: « (…) Certes le navire peut dans l’absolu continuer à prendre la mer, mais se pose dès à présent de façon particulièrement préoccupante la question du risque de panne définitive, qui rendrait du même coup impossible la poursuite des missions et sorties qui deviennent toujours plus cruciales au vu de la situation sur place » avant de mettre l’accent sur la spécificité insulaire : (…) de part sa position géographique et la longueur remarquable de son littoral, la Corse est notoirement de plus en plus exposée à toutes sortes de trafics (notamment de drogue) et risque à terme de devenir une plate-forme d’immigration clandestine. Au-delà de ces légitimes sources d’inquiétudes, la multiplication des dégazages sauvages à proximité des côtes (comme cela s’est produit cet Eté avec deux nappes de pollutions importantes) et l’apparition de nouvelles formes de délinquance comme la piraterie (affaire du voilier « Tiara » au mois d’Août dernier) rendent désormais indispensable la mise à disposition de matériel adéquat pour la Brigade de Bastia ».
La dotation de la douane pour l’année à venir étant fixée par la loi de finances qui viendra en discussion dès le mois d’Octobre prochain, c’est le Ministère du Budget qui aura à examiner les propositions budgétisées par la Direction Générale de cette administration, et donc la question du renouvellement du parc existant de vedettes garde-côtes.
En foi de quoi Sauveur Gandolfi-Scheit, qui a déjà transmis à la fin Août une documentation complète aux collaborateurs du Ministre, sollicite du Ministre Eric Woerth un rendez-vous afin d’évoquer ce dossier crucial à plus d’un titre en matière de sécurité et de lutte contre la délinquance en Corse.